À Montceau-les-Mines, le cinéma de retour en version Capitole

© D.Michaudet

Deux ans et demi après la fermeture des Plessis en centre-ville, la commune de Saône-et-Loire retrouve un établissement digne de ce nom, développé par Régis Faure.

Ce mercredi 3 décembre, c’est un écrin totalement dédié au 7e art qui ouvre ses portes au public montcellien, orphelin d’une programmation pérenne et régulière depuis que Les Plessis a baissé le rideau à l’été 2023. Ancien théâtre transformé en 3 salles par la famille Davoine (Ciné Alpes), le site n’avait plus connu de rénovation depuis les années 1980, souffrant de vétusté et d’une absence de normes d’accessibilité. Racheté par Pathé Cinémas en 2019 dans le cadre de l’acquisition de Ciné Alpes, le site a été revendu en février 2022 à Régis Faure, localement bien implanté (Digoin, Gueugnon), qui a acté sa fermeture à l’expiration du bail, en août 2023. « Entre les infiltrations d’eau et l’écroulement partiel du bâtiment quelques mois plus tard, c’était la bonne décision. » Si l’activité cinéma est transférée temporairement au sein de L’Embarcadère, salle de spectacle de 900 places qu’il va équiper en son et en projecteur, l’exploitant consacre toute son énergie à concrétiser le projet de construction d’un nouvel équipement, dans les tuyaux depuis plusieurs années.

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Érigé le long du canal du Centre, en plein cœur de ville, le Capitole Panacéa abrite 4 salles, allant de 62 à 242 places pour une capacité totale de 530 sièges, à seulement 50 mètres de… L’Embarcadère « qui fera office de cinquième salle pour certains événements ». Habillé d’une coque dorée et blanche, le nouveau cinéma a dû composer avec des contraintes imposées par l’Architecte des Bâtiments de France, tant sur l’architecture que sur l’espace alloué. Un mal pour un bien « puisque nous avions des objectifs écologiques et nous nous retrouvons avec moins de volumes perdus », explique Régis Faure, qui a fait installer des panneaux solaires sur le toit et un système de récupération de la pluie pour alimenter les sanitaires. Dans son hall de 300 m² à la moquette rouge et aux luminaires rétro, l’exploitant a aménagé un foyer avec un poêle de masse et un coin café où pourront être organisés des ateliers et de la médiation.

© Léa-Jade Charpentier

Dans cette ambiance cosy, les 4 salles se déploient dans un haut niveau de confort mais des spécificités différentes. Les deux plus petites arborent des fauteuils et sofas jaunes et bleus, des lampes de chevet et un son Dolby 7.1 ; les deux plus grandes disposent de sièges club, inclinables aux premiers rangs, d’un gradinage en courbe, d’un son Atmos et d’une projection 4K. Toutes sont de plain-pied, donc accessibles aux spectateurs à mobilité réduite, et dotées d’écran de 10 à 16 mètres de base. 6,2 M€ ont été déboursés pour ce projet conçu par l’architecte Clémence Radovitch, du cabinet MR3A, à l’œuvre notamment sur Le Grand Rio de Lannemezan. La maîtrise d’œuvre a été confiée à Henry Maître et son agence ID Ciné, qui pilote également l’autre projet de l’exploitant : Le Magic de 5 écrans au Creusot, dont l’ouverture est prévue en février prochain, en lieu et place des 4 salles du Morvan, qui va fermer fin décembre.

À l’instar des autres établissements exploités par Régis Faure, l’association Panacéa assure la programmation du Capitole de Montceau-les-Mines, parrainé par Zabou Breitman. En plus de retrouver le classement art et essai et de pérenniser les labels Jeune public et Patrimoine qu’avait Les Plessis avant sa fermeture, l’exploitant vise le Recherche & Découverte puis le 15-25, via notamment une collaboration avec l’option cinéma du lycée de la ville, la seule du département. De plus, il entend renforcer les synergies développées avec L’Embarcadère et proposer des événements ponctuels liés à la saison culturelle… tout en restant déterminé à attirer davantage de talents, pour des soirées débats ou cartes blanches. Enfin, pour renforcer son ambition d’accessibilité, le cinéma proposera de l’audiodescription via une application, des renforts de dialogues via des casques ainsi que des séances Ciné Relax.

Régis Faure vise les 120 000 entrées annuelles pour le Capitole, qui lui permet de poursuivre la montée en gamme de ses équipements dans la région. Outre la finalisation du projet du Creusot, il avait déjà inauguré, à l’automne 2019, un site flambant neuf de trois écrans à Digoin, en remplacement du mono-écran vieillissant. L’arrivée de la crise sanitaire quelques mois plus tard a contrarié la bonne mise en route du site, qui n’a jamais réussi à atteindre les prévisions de fréquentation des études de marché. En Saône-et-Loire, l’exploitant gère également la salle du Danton à Gueugnon et programme, via Panacéa, une quinzaine d’établissements en Bourgogne-Franche-Comté.

Les sofas et lampes de chevet dans l’une des petites salles © Léa-Jade Charpentier
© D.Michaudet

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